Du Benchmarking aux Indicateurs de Citations: de la difficulté d’évaluer la Recherche par des métriques automatisées

Du Benchmarking aux Indicateurs de Citations: de la difficulté d’évaluer la Recherche par des métriques automatisées 2017-12-18T13:30:53+00:00

Ayant à la fois exercé au Maroc durant 16 années, et ensuite en France où je me suis installé depuis 1988, je suis resté très attentif à la façon dont mes collègues et l’institution marocaine abordent la question de la recherche et de son évaluation.  J’ai d’ailleurs redigé, il y a sept ans à la demande de l’IRES (Institut de Recherche et des Etudes Stratégiques), un rapport sur la Structuration de la Recherche Scientifique au Maroc.

Dans mon exposé, j’analyserai brièvement deux outils d’évaluation de la recherche et des chercheurs  : le “benchmarking” et les “indicateurs d’impact et de citations dits “h index” qui ont été élaborés dans les pays industrialises à partir de données bibliométriques.  J’ai pu suivre leur mise en place qui s’est opérée après mon  installation en Europe. Je rappellerai que le classement dit “de Shanghaï” est le fruit du Benchmarking.

Je reprendrai brièvement l’historique de la genèse du benchmarking, introduit par une grande entreprise américaine qui cherchait à optimiser ses performances pour un “meilleur management” en s’inspirant du modèle japonais qui était alors dans sa période “triomphante”. Le Benchmarking  a par la suite irrigué  tous les secteurs d’activité : industriels et les servives publics (santé, sécurité etc..) et  de l’adminstration  et bien sûr  ceux de l’éducation et de la recherche.

Cependant des sociologues, des économistes, des acteurs de l’activité scientifique ont analysé des aspects pervers de ces indicateurs,  parallèles à la marchandisation et la financiarisation du secteur  des publications par des  grandes multinationales. Un autre indicateur dit “h index” a de ce fait été introduit aux USA en 2005 pour  “mesurer la qualité de la production” d’un scientifique  et par la susciter de “classer”, les chercheurs et leurs travaux.

On peut s’interroger d’une façon générale sur la  fiabilité, la  pertinence  de ces indicateurs  et pour le Maroc en particulier. Ce pays cherche en effet à se construire un regard, une politique  sur les questions de l’évaluation car il est interpellé sur le rôle de la science et de la technique et surtout la place à donner à la recherche scientifique pour qu’elle constitue un levier pour son déveleppement. Ces questions ont été soulevées dans de nombreuses sociétés occidentales au lendemain de la deuxième guerre mondiale et en Chine il y a une trentaine d’années.

Ces indicateurs  sont-ils  neutres ? universels?  Ou répondent-ils  à un ou plusieurs objectifs explicités par ces societés, à un certain stade de leur développement? Dans ce sens peut-on les  qualifier de “culture/dependant”?

Mais dans tous les cas ces pays ont, au préalable, accordé une place majeure à la recherche scientifique et à l’éducation par la mise en place de politiques fortement incitatives, pour la recherche  voire volontaristes définies et assumées au niveau le plus élevé des Etats (USA, Chine, Pays scandinaves, Corée, Israël..)

Ainsi à un moment où l’évaluation est d’actualité au Maroc on peut se demander si  elle peut être découplée, de la definition d’une politique nationale de recherche et d’éducation volontaristes qui dégagerait une stratégie, des priorités, assorties d’outils d’évaluation appropriés? C’est ce que nous allons discuter durant cette rencontre.

Mohamed Najim
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